Festival Sous Le Soleil … des Cultures à Puisserguier (20/05/11)


Ce soir c’est la fête au village. Puisserguier, village paisible de l’Herault situé à quelques km de Bézier au fin fond de la garrigue et des vignes et dans lequel il ne se passe pas grand chose habituellement. Sauf une fois dans l’année, où les énervés de Goulamas’k aidés de leur potes décident de rompre la quiétude habituelle du bled en organisant un festival de 2 jours réunissant trad et musique actuelle. Le décor étant planté on peut attaquer le report.

Avec que des noms quasi-inconnus en France et quelques groupes locaux, le festival peut se permettre de pratiquer des prix très bas, ce qui aura pour effet d’attirer aussi bien la famille du coin que le punk baroudeur éméché.

C’est devant un public parsemé que Lou Quinse est occupé a faire sa prestation démoniaque. Ce clone de Jabul Gorbal version death médiéval égorge les classiques trad’ tels que « Pour Passer le Rhône » ou encore « l’Estaca » pour le peu que je suis arrivé à reconnaitre. C’est sympa. Surprenant plutôt. Réservé à un public avertit. On pourrai penser à Ultra Vomit sauf qu’ils se prennent au sérieux. Et c’est peut être ça qui manque car le côté surprise étant passé on se lasse. Surtout que les morceaux sont souvent longs, lents et entrecoupés de solos guitares auxquels j’aurais préféré des solos des nombreux instruments trad’ présents sur scène (flute, cornemuse, accordéon, vielle) qu’on a entendu que trop peu.

Le set terminé, le temps de jeter un coup d’oeil aux alentours, de papoter à la buvette, de s’enfiler quelques Croix Du Sud, de faire semblant de comprendre l’occitan, de se vider la vessie dans une poubelle de sciure et d’écrire deux trois conneries sur le mur dédié, le début du show des Goulamas’k se fait entendre devant une foule déjà plus consistante.

A en croire l’abondance des t-shirts GK, il n’est pas dur de deviner que ce soir l’équipe Goulamas’k joue à domicile. Et c’est devant un public acquis à leur cause que les enfants du pays arrivent sur scène poings et bombarde brandit. Il ne faudra pas plus de deux titres pour que les premiers pogos apparaissent et tant pis pour la poussière qui s’élève au-dessus de la fosse comme celle d’un volcan islandais. Il faut dire que le son de la bombarde sur leur rythmique ska-punk donne la pêche. Impossible d’y résister. Ça fait travailler les gambettes et le souffle pour la poussière. La setlist met à l’honneur leur excellent dernier album « Avis de Tempesta » et les refrains de pratiquement tous les morceaux sont repris en coeur que ce soit en français ou en occitan. Paroles que même les minots ne se priveront pas de chanter. C’est d’ailleurs sous un regard attendrit que j’entends les enfants casés entre les barrières de la scène dire : « J’adore trop ce groupe ! Ca défonce sa mère ! ». Et pour défoncer, ils défoncent les gaillards. Le jeu de scène est bien rodé, on ne s’ennuie pas et les gars savent tenir leur public tout en n’hésitant pas à mettre en avant leur culture qui leur tient visiblement très à coeur. Et c’est tels un Manu Chao de la garrigue qu’ils alternent les instants reggae au textes forts, le ska sautillant et le punk revendicateur. Le jeux de scène étant surtout assuré par le chanteur principal et l’homme au kilt qui sera aussi à l’aise derrière une bombarde, qu’un trombone ou un micro. Les autres musiciens n’étant pas en reste en particulier le guitariste à crête qui n’arrêtera pas de sauter sur ses propres riffs. Tout ces efforts satisferont pleinement un public est aux anges. Il y a des sourires, de la sueur, des farandoles, des drapeaux occitan, un gamin et un chien qui s’incrustent dans le pogo … bref ce soir les Goulamas’k auront mis sans peine le feu au village.

A l’heure où il y a plus de monde à la buvette qu’aux concerts, c’est aux basques de Xutik de prendre le difficile relais sur la petite scène. Le groupe se défend bien avec son ska-reggae-rock à la Obrint Pas et finira par trouver son public. On notera l’excellente reprise des Toots and The Maytals au rappel.

Vient le tour de La Limoncello de débarquer sur la grande scène devant une foule plus que dispersée. Leur reggae finira par faire décrocher du bar tout ceux qui sont encore sur le site à cette heure tardive. Les barcelonais pratiquent un reggae dynamique dans le style Gentleman et arrivent à faire monter la sauce avec des envolées ska ou drum and bass. C’est propre. C’est stylé. Les mélodies sont ultra-dansantes et le violon n’est pas là uniquement pour faire beau. Le groupe se démène bien est arrive à faire bouger le peu de monde qui reste. Mais voilà, il est bientôt 2h du mat et j’ai encore deux heures de routes à faire. Il est temps pour moi de partir. C’est bien dommage que le groupe passe aussi tard car ils auraient mérité plus d’attention. Il va falloir que j’en parle à David pour essayer de les faire monter à Paris.

Bilan de la soirée : indéniablement festival fort sympathique avec bénévoles super cool. La déco était chouette, le site vaste, le bar immense, les prix très abordables (enfin un festival où on n’avance pas la consigne !) et bravo pour la programmation qui était recherchée. Malheureusement, malgré tout ça le public n’a pas suivi et mise à part pour le concert des Goulamas’k les concerts sonnaient un peu creux. Dommage. On espère que la journée du lendemain permettra aux organisateurs de rentrer dans leurs frais et qu’ils ne se soient pas découragés pour nous proposer un prochain événement du même genre.

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